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Articles

Affichage des articles du août, 2016

En cinquième vitesse

L'USO nous a déjà gâté quant il s'agit de surprises. Dzumhur a battu Tomic, qui jouait convenablement ces derniers mois. Damir Dzumhur est un bon joueur, qui, malheureusement manque de puissance dans le contexte du tennis actuel. Ses résultats, cette année, révèlent une belle progression et il a remporté de bonnes victoires.

Donaldson continue à bien jouer, après Cincinnati. Cette fois-ci, sa victime a été David Goffin. La bulle de la  quatrième manche me fait penser que Goffin devait avoir des pépins physiques.

La victoire de Tipsy contre Querrey n'est pas vraiment une surprise. Je m'attendais à ce que le Serbe retrouve de la forme plus tôt : c'est seulement en appliquant sa vieille recette -- jouer des challenger sur ocre -- qu'il semble avoir retrouvé du niveau. Il vient d'en remporter un en Chine.

Millman a failli éliminer Thiem. Lu a finalement succombé au service de Karlovic. Lu est un joueur sous-estimé, qui réussit bien sur surface rapide. Malheureu…

Talent, tu connais ?

Quand je suis fatigué, déprimé, triste, un des meilleurs moyens pour me détendre est de lire les commentaires sur les fora de tennis. Bon, il y a aussi le vrai faux blog de Marc Rosset, mais rien n'y fait, on sait immédiatement que c'est une parodie, et donc, ça ne fait pas rire dans la même mesure. Rien de mieux que les billets prétendus sérieux pour bien rigoler.

D'abord il y a les mots fétiches. La « classe » par exemple. Ceux qui l'emploient pensent que le mot « classe » -- que j'imagine toujours prononcé avec un a antérieur, long et fermé -- a de lui-même une aura magique, de la classe, mettons. Malheureusement, sa vraie définition est prosaïque : la classe c'est tout ce que fait notre joueur favori, ergo, la « crasse » ce sont les faits et gestes de l'adversaire conspué.

Ensuite, il y a le « génie ». En tennis, ce mot n'a pas les significations habituelles. Loin de là. Son sens est assez flou, pas toujours facile à cerner. Par exemple, dans le cas…

Avant l'USO

Il est bien souvent très difficile d'écrire sur le tennis : les sujets ne manquent pas, mais sur beaucoup d'entre eux, je pourrais renvoyer à des écrits bien meilleurs que les miens. Même les mythes persistants comme la homogénéisation des surfaces, le ralentissement du gazon, ou la prédominance de la défense en tennis, ont été démystifiés depuis longtemps. (1)

Il reste l'actualité, mais là aussi, les jours se suivent et se ressemblent. On peut toujours essayer de dissiper des fausses conceptions, des clichés (à peu près tout ce qu'on écrit sur le jeu de Dimitrov, par exemple, mais ça n'intéresse pas grand monde : le pauvre bougre n'est vu que par un prisme, et son tennis, émouvant dans ses meilleurs moments, n'est goûté que dans la mesure où il ressemble ou ne ressemble pas), de dénoncer la dénaturation de la compétition (autrement évidente depuis l'entrée des sociétés de paris en ligne dans le tennis), mais on s'y intéresse autant qu'au sort d…

Un mois (ou presque) du blogue

Il est temps de faire un premier bilan du fonctionnement du blogue depuis son début.

Les billets
La qualité des billets est discutables. Je n'ai guère de temps pour faire les recherches nécessaires ; d'autre part, j'ai déjà discuté de la plupart des sujets que je touche sur d'autres sites, et j'essaie, dans la mesure du possible, d'éviter de me répéter.

Ce qui est dissonant est que j'écris d'un point de vue obsolète à des audiences très différentes : une canadienne, une autre française. Ça fait presque trois décennies que je ne vis plus en France, et je suis resté intouché par les changements culturels qui ont vu jour entre-temps. D'un point de vue idéologique, j'appartiens encore à la classe ouvrière disparue ; je pense, qu'après De Gaulle, Georges Marchais était le seul homme politique intègre qu'on ait eu, et je ne lis pas les journaux. Günter Wallraff disait, dans un vieil interview,  que la société se complaisait un peu trop à para…

En diagonale

Rafa vient juste de battre Cuevas, à Cincinnati. Il avait perdu contre l'Uruguayen à... Rio, en début d'année. Au tour suivant, si tout s'était développé comme prévu, il aurait affronté Kyrgios, son bourreau sur le gazon de Wimbledon ; eu quart, c'est Berdych qui devrait l'attendre. Regardons leurs résultats sur dur : Cincinnati 2013, Rafa, qui a remporté le tournoi, l'emporte 7-5, 7-6 ; au WTF cette même année, difficile victoire en trois manches ; ils ont ensuite joué en Australie en 2015, et c'est Thomas qui a facilement gagné en trois sets secs. En demie, il y a Stan, finalement. C'est un phénomène que je remarque de plus en plus souvent : les joueurs du top ont très souvent, dans leur partie du tableau, des adversaires qui leur ont causé des troubles.

Mais comme le tournoi se déroule plus vite que je n'écris, on n'a pas besoin de réfléchir sur le tableau et la programmation du tournoi : après les efforts des J.O., Rafa vient d'être éli…

Musérable vautour

Le grand vainqueur moral du tournoi olympique hommes est Juan Martin Del Potro. En 2013, à Indian Wells, il avait montré que des surfaces un peu plus lentes, au rebond plus haut, lui convenaient bien, éliminant Murray en quart et Djokovic en demi-finale, pour perdre de peu en finale contre Nadal. Mais tout comme à IW, JMDP a dû affronter une programmation très difficile, et, disons le ouvertement, injuste (ajoutons que Djokovic a tout fait pour diminuer la victoire de l'Argentin au premier tour, avouant qu'il portait un bandage au poignet gauche parce il était victime d'un bobo ; décidément le pire perdant parmi le top : il aurait dû au moins inventer qu'il avait la mono lors du match, ou SRAS, anthrax, qui sait ? ou même dire -- tout en niant qu'il le disait -- que DelPo l'avait distrait sur le court en faisant semblant de manquer deux ou trois coups droits...). On aurait pu espérer qu'en demi-finale, au moins, Nadal, qui avait remporté la finale du tourno…

The innocent bystander

Il y a des joueurs que l'on n'aime pas. C'est toujours irrationnel -- tout comme notre adhérence à d'autres joueurs est irrationnelle, ou, sur un plan plus profond, notre amour du tennis, et plus généralement du sport, ne fait pas beaucoup sens. Dans mon cas, il y en a deux parmi les joueurs actifs : Rafa, qui a battu Novak et Fed bien trop souvent pour que je puisse lui pardonner sincèrement, et Murray, qui a le malheur, à mes yeux, d'être le chouchou des organisateurs et de la presse, sans mérite aucun.

Comme nous le voyons, mes motifs sont bien subjectifs, et le péché majeur du Taureau et du Muzzérable est de m'avoir contrarié dans ce monde étrange qu'est celui du fan. Du moins, j'en suis conscient: tout comme le mythe de la supériorité occidentale déforme la vision d'autres amateurs de tennis, la cruauté et les vices de ce même monde -- auquel j'appartiens, et dont je suis autrement fier -- comme ces miroirs magiques dans les foires, dénatur…

La comédie du tennis

Il y a des sujets qui nous déplaisent, des questions qu'on hésite à poser, et, surtout, à se poser. Certaines sont liées à notre idéologie même, à cette conception sentimentale du monde, et, plus précisément, à son cœur : au mythe de la supériorité de « notre » civilisation occidentale, une supériorité technologique, et surtout éthique.

J'écris « notre » entre guillemets car, en réalité, cette « civilisation »  (encore un mot détourné de sens) in fine n'existe pas. Ça ne veut pas dire qu'elle n'est pas en train de naître : l'acculturation est un procès bien engagé, et nos démocraties évoluent vers des oligarchies despotiques et totalitaires, à peine différentes du monde de George Orwell. À défaut de vivre, de penser, on prétend, on se la joue, où « la », plutôt qu'un autre pronom, représente une de ces formes floues, multifonctionnelles, vides d'essence de notre monde dévirilisé. Les analyses d'Emmanuel Todd des structures familiales, et de leur inf…

Panique

Les petits poucets
Beaucoup se rappellent encore leur premier tournoi, et la crispation, la nervosité des premiers matches. Puis, avec l'expérience, les rencontres gagnées et perdues, on se détend, et on joue mieux. Mais, chez la majorité des mortels, dans les moments importants, le cœur bat plus vite, le bras est un peu raide et les jambes un peu molles, et dans un sport aussi difficile que le tennis, d'habitude, ça ne pardonne pas.

J'ai suivi en même temps le tournoi de mon fils, après le campus, et les derniers tours de Toronto, ces trois derniers jours. Ce qui se passait dans le monde des petits se répétait, d'une manière Ô si semblable, dans les monde des pros.

Mon gosse a fini premier de sa poule, ce qui devait lui permettre d'éviter les favoris du tournoi en QF. Il n'y en qu'un qu'il redoutait, et, malheureusement, c'est celui qu'il a tiré au sort. Après avoir servi 9 DF dans le premier set, il prenait une bulle. Dans le second, pourtan…